Madagh… Quand le shaykh Mouad al-Qâdiri Boutchich renouvelle les ponts spirituels entre le Maroc et le Nigeria

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Dans le cadre de la commémoration du neuvième anniversaire du décès du shaykh de la ṭarīqa Qādiriyya Boutchichiyya, l’ʿārif bi-Llāh Sidi Hamza — que Dieu l’agrée —, la présence à Madagh du fils du shaykh de la ṭarīqa Qādiriyya au Nigeria, Monsieur al-Fātiḥ Qarīb Allāh Kabar, et sa rencontre avec le shaykh Moulay Mouad al-Qādirī Boutchich, revêtent une portée spirituelle et symbolique profonde. Cet événement dépasse largement le cadre commémoratif pour toucher au cœur même des relations spirituelles historiques que le soufisme sunnite a tissées entre le Maroc et sa profondeur africaine.

Cette rencontre ne saurait être réduite à un simple protocole circonstanciel. Elle s’inscrit au contraire dans un continuum historique de lien spirituel, de transmission du savoir et de cheminement éthique entre les zāwiyas marocaines et celles de l’Afrique subsaharienne. À travers ses nombreuses ramifications, la ṭarīqa Qādiriyya a constitué, au fil des siècles, un pont spirituel majeur pour la transmission des valeurs islamiques, contribuant à l’enracinement d’un islam sunnite modéré, fondé sur le rite malikite, la doctrine ashʿarite et le soufisme de l’école de Junayd. Autant de constantes qui ont structuré et continuent de structurer les relations spirituelles entre le Maroc et plusieurs pays africains, au premier rang desquels le Nigeria.

La présence de Monsieur al-Fātiḥ Qarīb Allāh Kabar prend une dimension particulière, tant par la symbolique de sa filiation spirituelle que par la profondeur des liens historiques ayant uni son père — shaykh de la Qādiriyya au Nigeria — au Maroc et à ses zāwiyas. Ce dernier s’était déjà rendu à Madagh et avait rencontré le shaykh Sidi Jamal al-Qādirī Boutchich — que Dieu lui fasse miséricorde — lors d’une rencontre empreinte de fraternité soufie, qui avait jeté les fondements d’un lien spirituel durable. La venue du fils aujourd’hui confirme que ces liens ne s’interrompent pas avec le départ des shuyūkh, mais se renouvellent de génération en génération, dans la fidélité à l’esprit, à l’éthique et à la méthode de la silsila.

La commémoration de Sidi Hamza, figure spirituelle marocaine de rayonnement international, offre une nouvelle occasion de raviver les valeurs qu’il incarnait et transmettait : purification de l’âme, paix intérieure, service de l’homme et ouverture lucide à l’autre, dans le respect des constantes religieuses. C’est dans cette perspective que la participation de figures soufies africaines de premier plan — à leur tête M. al-Fātiḥ Qarīb Allāh Kabar — reflète la place croissante de la zāwiya Boutchichiyya comme référence spirituelle transnationale, attirant les cœurs en quête de sens et d’équilibre dans un monde traversé par les troubles.

Cet événement s’inscrit également dans le cadre du rôle central de l’Institution de la Commanderie des croyants, garante de l’unité de la référence religieuse au Maroc, protectrice du rite malikite, de la doctrine ashʿarite et du soufisme sunnite. L’attention portée par la Commanderie aux liens spirituels — à travers le soutien aux zāwiyas et la coopération religieuse avec les pays africains — a renforcé la position du Maroc comme pôle spirituel majeur et référence fiable pour une gestion équilibrée du champ religieux, en ces temps marqués par la montée de l’extrémisme et des radicalismes.

Historiquement, les zāwiyas soufies — et en particulier la zāwiya Qādiriyya — ont constitué un pilier essentiel dans la construction des relations spirituelles entre le Maroc et l’Afrique. Elles ont contribué à la diffusion d’un islam de paix, au vivre-ensemble, et à la formation de l’homme avant celle des structures. La rencontre de Madagh s’inscrit dans la continuité de ce rôle, et envoie un message clair : les liens spirituels authentiques savent perdurer et se renouveler, quelles que soient les conjonctures.

En conclusion, la présence de Monsieur al-Fātiḥ Qarīb Allāh Kabar à Madagh et sa rencontre avec le shaykh Moulay Mouad al-Qādirī Boutchich, à l’occasion du neuvième anniversaire du décès de Sidi Hamza, constituent un événement d’une portée spirituelle, historique et stratégique majeure. Il incarne l’unité vivante de la référence religieuse, la continuité du lien spirituel, et confirme la vocation du Maroc — sous la conduite de la Commanderie des croyants — à demeurer un cœur battant du soufisme sunnite modéré, et un pont solide entre l’Afrique et l’islam de paix.

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